Bien-être Santé

Les bienfaits du rire : sources de bien-être

Si, naturellement, nous aimons tous rire, nous sous-estimons grandement l’impact positif que cette réponse musculaire peut avoir aussi bien sur notre esprit que sur notre corps. Il est en effet dommage que nous ne prenions pas l’habitude de nous esclaffer chaque jour. Pourtant, combien sommes-nous à nous souvenir du bien-être que nous avons ressenti après une crise de fou rire et de la détente qui s’en est suivie ? De façon plus pragmatique, nous revenons dans cet article sur les vertus du rire et sur toutes les raisons qui devraient nous pousser à y recourir le plus souvent possible, tant celui-ci améliore le quotidien.

Le rire c’est bon pour le moral, mais pas que !

Un antistress naturel

Dès que nous commençons à rire, notre corps produit des endorphines. Ces substances que l’on surnomme aussi « hormones du bonheur » sont sécrétées au niveau de deux glandes : l’hypophyse et l’hypothalamus. Celles-ci sont situées de chaque côté de notre crâne. Les neuromédiateurs libérés par ces dernières sont ensuite transportés par le sang jusqu’au thalamus. Ce terme correspond à un centre nerveux qui est à la croisée des hémisphères cérébraux. Son rôle est de réceptionner les informations provenant de structures analogues qui sont disséminées dans l’organisme et de les envoyer au cerveau afin qu’elles y soient traitées. Les neurones qui composent cette structure nichée au cœur de notre cerveau contribuent notamment au passage de la veille au sommeil en rendant notre cortex cérébral insensible aux stimulations transmises par nos cinq sens. Pour en revenir aux endorphines, celles-ci se fixent sur les mêmes récepteurs que ceux de la morphine qui, pour rappel, est un alcaloïde doté de propriétés antalgiques et calmantes. C’est la raison pour laquelle ces hormones possèdent une action dite euphorisante. Concrètement, lorsque nous rions, nous sommes plus heureux et notre aptitude à exprimer de la joie augmente. Cela explique aussi pourquoi cette attitude réduit le stress et l’anxiété, et ce, de façon totalement naturelle.

Un boosteur de relations sociales

Quand nous sommes en présence de gens très divers, nous avons tendance instinctivement à aller vers ceux qui sourient et qui respirent le bien-être. Par ailleurs, lorsque nous entendons quelqu’un qui rit, il nous est difficile de ne pas faire de même, tant cette réaction est contagieuse. En cela, le rire est un excellent vecteur de communication, même avec des personnes que nous ne connaissons pas du tout. De plus il n’a besoin d’aucun apprentissage spécifique ni de paroles pour cela. En outre, quand nous parvenons à nous dérider de cette façon en bonne compagnie, cela augmente immédiatement la confiance que nous avons en nous. Cela réduit donc nos inhibitions et nous amène à être plus enclins à aller instinctivement vers les autres. Sur la base d’une franche rigolade, nous pouvons démarrer des relations de façon totalement spontanée et positive et ce, que ce soit en famille, avec des amis ou au travail. Rire est également d’un excellent outil pour désamorcer les situations conflictuelles et y mettre fin. Bref, dans tous les cas, sur un malentendu désopilant, nous pouvons très facilement créer du lien social, et ce, sans avoir fait d’efforts particuliers.

Le rire et ses vertus sur le physique

Des clowneries pour réduire la douleur

Connaissez-vous les clowns hospitaliers ? C’est sous la forme de ces figures, empruntées au domaine du cirque, que des personnes interviennent dans les services de soins. Elles ont été spécifiquement formées pour contribuer à la guérison des patients grâce aux vertus de l’humour et du rire. Là encore elles mettent à profit la production d’endorphines. En augmentant le bien-être de leur public, elles ont non seulement une incidence positive sur leur moral, mais elles créent aussi un véritable effet antalgique. Si au départ, le rapport entre le rire et la réduction de la douleur a été constaté de façon empirique, plus récemment des investigations scientifiques sont venues corroborer celui-ci. L’une d’elles a été publiée en 2011 (1) par la Proceedings of the Royal Society B. ( en français : « L’Académie des sciences britannique »). Elle relate six expériences différentes qui ont été réalisées sur des groupes composés de 15 femmes et de 20 hommes. Certains regardaient des documentaires sérieux tandis que d’autres profitaient d’émissions comiques. Ensuite, tous étaient soumis à des tests désagréables comme le serrage d’un garrot autour de leur bras ou le contact d’une poche de glace dont la température était abaissée à -16 °C. L’étude a démontré que les personnes qui avaient passé du temps devant les vidéos les plus drôles et qui avaient donc ri étaient moins sensibles à la souffrance que celles pour lesquelles ça n’avait pas été le cas.

Le rire renforce nos défenses immunitaires

Si l’on s’intéresse à notre système immunitaire, le rire agit dessus de différentes façons. Tout d’abord, lorsque nous rions, nous respirons de manière plus ample parce que nous utilisons plus le diaphragme et les muscles abdominaux. En conséquence, nous faisons entrer plus d’air dans nos poumons. Ce ce fait, le sang est mieux oxygéné et cela favorise une meilleure diffusion des cellules immunitaires telles que les globules blancs qui transitent par le biais de la circulation sanguine. De plus, quand nous nous esclaffons, la concentration des lymphocytes T et NK présents dans notre corps s’accroît. Les premiers jouent un rôle dans la reconnaissance des organismes étrangers et dans la destruction des virus. Les seconds, les NK (NK pour « natural killer » ou « tueur naturel » en français) interviennent dans l’élimination des cellules tumorales et également dans celles qui ont été envahies par des agents pathogènes. Enfin, l’augmentation du taux de ces globules blancs se situe principalement au niveau du nez, des poumons et des voies respiratoires dans leur ensemble. Cependant, il serait présomptueux d’affirmer que le rire nous protège des maladies, car il n’existe à ce jour aucune preuve venant corroborer cela.

Rire de bon cœur : bien plus qu’une expression imagée

Comme nous l’expliquons plus haut, le rire favorise l’oxygénation du sang. Or, cela a aussi pour conséquence de dilater la paroi interne des vaisseaux sanguins et de stimuler leur fonctionnement. Ces modifications contribuent à maintenir notre cœur en bonne santé dans la mesure où celui-ci utilise les deux tiers de l’oxygène qui est apporté par les artères coronaires. Un autre élément qui va dans ce même sens, c’est que, lorsque nous rions, notre stress diminue. Or, on sait désormais que ce dernier fait partie des facteurs qui peuvent être à l’origine de maladies cardiovasculaires et, en particulier, d’infarctus du myocarde. Des études ont d’ailleurs prouvé que les personnes qui exploitent plus souvent l’humour semblent mieux préservées vis-à-vis du risque de déclenchement de malaises cardiaques (2). Cependant, à l’heure actuelle, tous les mécanismes qui entrent en jeu lorsque nous sommes hilares et qui favorisent donc le bon fonctionnement de notre cœur n’ont pas encore été précisément identifiés.

Afin de bénéficier des bienfaits du rire, les scientifiques recommandent d’y recourir de façon quotidienne pendant une durée comprise entre 10 à 15 minutes. Malheureusement, dans la vie de tous les jours, très peu d’entre nous parviennent à réserver un espace de temps aussi important pour une activité qui semble à première vue si banale. Pourtant, il est très simple de la mettre en œuvre et cela peut non seulement nous détendre, mais également nous maintenir en meilleure santé. Pour finir, une étude publiée en 2010 tend à prouver que les personnes qui rient voient leur espérance de vie prolongée de sept ans (3). Alors qu’attendez-vous pour l’intégrer au quotidien en vous replongeant, par exemple, dans quelques bons vieux cartoons, ou en visionnant l’intégrale des épisodes de Laurel et Hardy ? À moins que vous ne préfériez découvrir ou redécouvrir quelques pépites du cinéma français qui vous feront rire aux larmes !

Les conseils donnés dans cet article ne se substituent, en aucun cas, à un diagnostic posé par un médecin ou par tout autre professionnel de santé, ni à un traitement médical.

Sources : (1) Sleep Research Society. Le rire social est corrélé à un seuil de douleur élevé, sous la direction de Rébecca Baron. Publié le 14 septembre 2011.
 (2) National Library of Medicine. Association inverse entre le sens de l’humour et les maladies coronariennes, Clark A. , Seidler A. et Miller M. Publié en août 2001.
 (3) JSTOR. L’intensité du sourire sur les photographies prédit la longévité, par Ernest L. Abel et Michael L. Kruger. Publié en avril 2010.

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